Août 172017
 

En 1988, j’étais au collège en classe de 4ème. Après les cours, j’avais l’habitude, avant de prendre le bus, de passer à la salle de jeu (c’est comme ça qu’on appelait la salle d’arcade). En effet j’avais un peu de temps car lorsque je quittais à 15h30 le bus était à 16h10 et lorsque je quittais à 16h30 le bus était à 17h30. Le fossé technologique était énorme par rapport à nos micros ou consoles 8 bits de l’époque et lorsqu’on rentrait dans une salle d’arcade on nageait en plein rêve, au milieu des nuages…enfin de la fumée de cigarette plutôt ; ça faisait partie de l’ambiance. Graphisme, couleurs, sprites, animation, musique et son : tout était bien au-dessus de ce que j’avais sur mon Amstrad cpc.

Parmi toutes ces bornes, il y avait certains jeux que j’admirais par-dessus tout et deux de ces jeux étaient Double Dragon et Shinobi. Ces 2 jeux sont encore aujourd’hui, selon moi, deux références incontestables qui ont posé des standards. Des niveaux à parcourir, des pièges, des objets à récupérer, à utiliser et des boss de fin de niveau. C’était certes un format court, arcade oblige, mais ces point clés demeurent encore dans les jeux actuels. J’ai passé des heures à regarder les gens jouer à Shinobi. Je connaissais les niveaux par cœur, enfin j’avais l’impression de les connaître car regarder était une chose, mais jouer était une autre paire de manche. Je regardais souvent un mec de ma classe y jouer, c’était une bête à ce jeu, il passait les niveaux sans trop de difficultés, même le niveau avec les rondins du boss samouraï pour ceux qui connaissent. Une fois il devait partir prendre son bus et il m’a laissé la partie, justement dans ce niveau. J’ai bouffé 3 vies en moins d’une minute. Comme j’étais nul en fait…Je n’avais pas pour habitude de jouer à la salle de jeu, je n’avais pas d’argent de poche, enfin pas assez, tout ce que j’avais mensuellement passait dans l’achat de mon magazine Joystick, c’était sacré pour moi.

Chez moi, je retrouvais certains de ces jeux d’arcade sur mon CPC 6128. Croyez-moi, même si les graphismes étaient loin des versions arcade, je retrouvais les sensations et l’imagination faisait le reste. On avait l’arcade à la maison ! (enfin c’est ce qu’on se disait). Ainsi j’ai passé beaucoup de temps sur des Tiger Road, Black Tiger, Rygar… mais il y avait un jeu que je désirais par-dessus tout, c’était Shinobi. J’en ai longtemps rêvé, et plus d’un an plus tard, Virgin Mastertronic l’a fait. C’était un soir, en septembre 1989 (je me souviens c’était la période où ma mère ramassait des noix chez moi, je détestais ça). En passant à la librairie, en descendant des marches au milieu du magasin, derrière une vitrine il y avait les jeux Amstrad, et là j’aperçus le graal ! Deux exemplaires de Shinobi. Il me le fallait. Merci maman, car en rentrant j’ai pu négocier le jeu contre le ramassage de plusieurs dizaines de kg de noix : le jeu coutait 149 Francs, je m’en souviens encore.

Pour moi, et je le pense encore aujourd’hui, la conversion du jeu sur le CPC était excellente. On y retrouvait les niveaux d’origine, les boss et les mêmes musiques que la version arcade. Seul manquait le boss final du jeu mais ce n’était pas grave, car atteindre le dernier niveau était chose assez difficile. Qu’est-ce que j’ai pu lancer la disquette pour y jouer et le jeu fonctionne toujours aujourd’hui ; je l’ai encore (avec boite et notice) dans ma collection CPC. Pour l’anecdote, au magasin il y avait deux exemplaires du jeu et il en restait un après avoir pris le mien. Le lendemain quand je suis repassé il n’y en avait plus. Quel succès ! Une semaine plus tard, mes parents avaient invité des amis à manger et ils étaient venus avec leur fils qui avait aussi un CPC. Il m’annonça fièrement : j’ai Shinobi. C’était donc lui qui avait acheté le second exemplaire…On a forcément passé la soirée à y jouer.

Nov 062012
 

Vous avez peut-être déjà vu dans votre jeunesse une borne d’arcade : un gros meuble muni d’un écran contenant un jeu vidéo dans lequel il fallait insérer des pièces de monnaie pour pouvoir jouer. On les trouvait dans les bars, dans les centres commerciaux et plus généralement dans nos chères et disparues salles d’arcade, là où ça sentait le renfermé et la fumée de cigarettes, là où nos oreilles frémissaient de plaisir en entendant toutes ces  musiques 16bits, ces bruits de micro switch de joystick, ces sons de pièces qui tombaient dans les monnayeurs… Quel plaisir je prenais tous les soirs, avant de prendre le bus pour rentrer chez moi, à trainer dans cette grande salle d’arcade à regarder inlassablement les gens jouer à Shinobi ou à Double Dragon. Il y avait deux salles, une grande salle et une petite, la différence : plus de jeux dans la grande mais plus chère également. Je crois me souvenir que c’était 2 francs le crédit, 5 francs les 3 et 10 francs les 7. A l’époque, dans les années 80, tous les hits naissaient dans les salles de jeux. L’arcade avait vraiment un statut d’avant-gardiste et de référence dans le monde du jeu vidéo. On voulait tous avoir les jeux qu’on voyait dans les salles chez nous sur nos Amstrad, nos Atari ST ou nos Amiga.

A la fin des années 80, les salles d’arcade ont vu leur affluence diminuer et ont commencé à fermer à cause des avancées technologiques des consoles de jeux vidéo de salon. Au Japon, la folie des jeux vidéo d’arcade s’estompera même car ces salles seront considérées comme des endroits malfamés et dangereux. Les bandes s’affronteront sans relâche dans des parties de Kunio-kun, plus connu dans sa version exportée sous le nom de Renegade.

Les jeux d’arcade connaitront néanmoins par la suite une renaissance avec l’apparition de jeux de combats comme Street Fighter II: The World Warrior de Capcom (1991), Mortal Kombat de Midway (1992) et King of Fighters (1994) de SNK. Ces jeux restent aujourd’hui des références en la matière et ont connu diverses suites.

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1994 marque un changement radical au niveau de la culture des salles d’arcade. En effet avec l’arrivée de consoles comme la PlayStation, on atteint le même niveau de capacités techniques et graphiques que les machines de l’arcade. Par la suite les consoles de salons et les PC prendront même le dessus techniquement rendant les salles de jeux obsolètes.

Aujourd’hui le genre arcade a quasiment disparu : on ne trouve plus ces jeux composés de niveaux très courts, de contrôle simple, et d’une difficulté qui augmente rapidement (difficulté qui nous forçait à remettre encore et encore des pièces dans le monnayeur). Les seules façons de retrouver ces sensations sont les virtual-consoles,  les émulateurs ou les diverses compilations qui sont sorties sur console. Le problème c’est que l’on passe à côté de l’essentiel : la borne d’arcade en elle-même. Pour toutes ces raisons et étant un pur nostalgic-gamer, j’ai décidé d’investir il y a quelques mois dans une New Astro City.

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La Sega New Astro City est une borne de Sega sortie dans les salles d’arcade japonaises en 1994. C’est une machine profilée de façon à jouer assis sur des tabourets. Elle a été fabriquée à plusieurs milliers d’exemplaires et a été l’une des bornes les plus utilisées au Japon avec sa grande sœur l’Astro City. Elle dispose d’un écran 29 pouces de marque Toshiba et d’un panel 2 joueurs (2×6 boutons de marque Sanwa pour la mienne). Le modèle dont j’ai fait l’acquisition est en fait une Tecmo New Astro City, Sega avait en effet vendu une partie de sa production à la société Tecmo. Elle est en tout point identique à la version Sega.

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En façade on trouve 3 portes métalliques derrières lesquelles se cache le monnayeur, le bac pour récupérer les pièces et l’électronique. Dans cette dernière se trouve également le jeu au format JAMMA (c’est une norme de connexion utilisée pour brancher les jeux sur les bornes d’arcade). Je n’ai pas eu de mal à choisir la borne que je voulais acheter par contre j’ai longuement réfléchi quant au jeu ou au système que j’allais lui associer. J’ai pesé le pour et le contre et j’ai finalement opté pour un système multi-jeu 2019in1. Les puristes diront que ça n’a rien à voir avec un vrai PCB mais moi personnellement cela me satisfait. Sur ce système 2019in1, j’ai eu le plaisir de pouvoir retrouver divers titres qui ont fait à leur époque la renommée des salles de jeu : Street Fighter II, Shinobi, Double Dragon, Shadow Dancer… Il y a tellement de choix et de genres différents que ce serait un piège de vouloir jouer à tous les jeux en même temps. Je m’efforce donc de laisser longtemps le même jeu tourner de manière à en profiter un maximum, de m’y exercer et de le finir avec le minimum de crédit.

Ma New Astro City fait à présent partie intégrante de mon salon et à tout moment, même si je n’ai que 5 minutes devant moi, j’ai toujours l’occasion de pouvoir jouer le temps d’un crédit.